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Centenaire de la Grande Guerre

Les Taxis de la Marne

Taxis

Le 2 Septembre, le général von Molke commandant les armées allemandes, donne l'ordre de pousser les Français loin de Paris, en direction du Sud-Est(1). Pour se protéger du camp retranché que constitue Paris, il compte sur la I°armée de von Kluck placée à son aile droite pour se protéger. Le 3 Septembre, seul un corps d'armée se place en flanc-garde. C'est à ce moment qu'est décidé par le général Gallièni (Gouverneur militaire de Paris), en rapport avec le général Joffre, de porter l'armée du général Maunoury (11 divisions composées de territoriaux), en avant sur les flancs des Allemands, c'est-à-dire vers l'Est, en liaison avec le corps expéditionnaire anglais. Le 4 au soir (22 heures), l'ordre d'opérations est diffusé aux commandants d'armée pour profiter de la situation aventurée de la I°armée allemande.

Le 5 septembre 1914 au matin, le général Joffre adresse à ses soldats le message suivant:

Au moment où s'engage une bataille dont dépend le salut du pays, il importe de rappeler à tous que le moment n'est plus de regarder en arrière ; tous les efforts doivent être employés à attaquer et à refouler l'ennemi. Une troupe qui ne peut plus avancer, devra, coûte que coûte, garder le terrain conquis et se faire tuer sur place plutôt que de reculer. Dans les circonstances actuelles, aucune défaillance ne peut être tolérée.

Taxis

Chacun comprend que l'heure est grave pour la France. Le 5 après midi, le général Maunoury attaque le IV°corps allemand qui a déjà franchi la Marne. Les allemands sont refoulés vers l'Est. Ceux-ci réagissent en envoyant deux corps d'armée à la rescousse. Le général Gallièni envoie alors la 61°division, puis la 62°qui vient de débarquer à Paris et qu'il fait acheminer en taxis! C'est avec la mobilisation de 1100 taxis que le transport eu lieu de Paris à Nanteuil (60 Km).

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Une violente bataille s'engage alors sur l'Ourcq mettant aux prises la 6°armée française à presque toute l'armée de von Kluck. La lutte est effroyable. Deux millions d'hommes s'affrontent. La situation est inquiétante, mais les français tiennent bon. Lorsque le 4° corps repart à l'attaque le 9 Septembre, la I° armée allemande (260 000 hommes) bat en retraite.

Le 10, le général Maunoury adresse à ses troupes un vibrant ordre du jour:

La 6° armée vient de soutenir pendant cinq jours entiers, sans interruption ni accalmie, la lutte contre un adversaire nombreux et dont le succès avait jusqu'à présent exalté le moral. La lutte a été dure ; les pertes par le feu, les fatigues dues à la privation de sommeil et parfois de nourriture ont dépassé tout ce que l'on pouvait imaginer. Vous avez tout supporté avec une vaillance, une fermeté et une endurance que les mots sont impuissants à glorifier comme elles le méritent...

L'histoire retiendra cet épisode sous le titre "les taxis de la Marne".

(1). Renseignement obtenu par décryptement d'un message codé Übchi:
" L'intention de la Direction Suprème est de refouler les Français en direction du Sud-Est en les coupant de Paris. La première armée suivra la deuxième en échelons et assurera en outre la couverture du flanc des armées."